previous arrow
next arrow
Slider
 
 
 

La société de castes

modifié le mardi 9 juin 2015

La société de castes est une théorie d'ordonnancement social selon laquelle la distinction sociale repose sur la pureté religieuse.

Une caste est un ensemble de clans liés par trois critères communs : 

  • ·L’appartenance à une caste est basée sur la naissance :

On est Hindou par la naissance et on appartient à la caste de ses parents. La hiérarchie des castes repose sur la pureté religieuse. La manifestation la plus traditionnelle est le non partage de la nourriture avec des personnes de castes inférieures. La vie moderne tend à accepter des accommodements dans la vie courante.

  • ·Une caste est endogame

Les mariages ne se concluent pour un couple appartenant à une même caste. (Avec quelques accommodements pour les hommes qui peuvent avoir des relations vers les castes inférieures conduisant à la dégradation de la descendance, mais une interdiction aux femmes d’avoir des relations avec des castes inférieures)

  • ·La Profession ou la fonction est héréditaire.

L’organisation sociale se fonde historiquement sur l’échange de services entre les différents groupes selon une hiérarchie variable. Elle se trouve aujourd’hui remplacée par l’économie monétarisée.

Ce critère conduit à une multiplication des castes considérable car il prend en compte, non seulement celui de la pureté religieuse et des fonctions, surtout pour les quarte Varna, les spécialités professionnelles en particulier pour les Jati, mais aussi des critères de pouvoir et d’influence.  Il arrivait déjà autrefois,  que les agriculteurs ou les éleveurs n’aient pas l’exclusivité d’appartenance à une caste, mais que plusieurs d’entre elles se revendiquaient de ces corporations. A l’époque actuelle, avec l’apparition de nouveaux métiers,  l’émergence d’une organisation sociale parallèle basée sur l’éducation ou la richesse, entre autre, on constate des modifications de répartitions, mais le fondement demeure encore. (On peut être informaticien de la caste des bouviers et continuer à honorer les dieux tutélaires des éleveurs).

 membre de la caste des Kamis (forgerons)

 

Le système de caste (des Varna et des Jati) basé sur la pureté et la corporation  ne sont pas les seuls à intervenir dans la définition de la caste. S’il répond à une organisation sociale d’un pays essentiellement agricole, l’appartenance régionale, les langues, le pouvoir économique, sont autant de critères qui interagissent dans la définition des groupes sociaux et des castes. Depuis l’indépendance, avec la mise en place de la démocratie et avec la modernisation et l’urbanisation  sont apparu des considérations politiques,  de classes socio-économiques, de types d’éducation. Il en résulte une complexité de classification toute indienne très mouvante et vivante, qui en plus ne prend pas en compte les mêmes critères selon les régions, ou que l’on soit à la ville ou à la campagne.

Le rôle social du système de caste : l’appartenance à une caste est pour une famille ou un individu une protection contre les difficultés du monde qui les entourent. La mutualisation des ressources, la défense des plus faibles, le soutien moral sont autant de recours dont peu bénéficier le membre d’une caste dans un pays où il n’existe pas de système étatique ou mutualiste de protection sociale.  Les castes constituent aussi des réseaux  qui s’étendent, encore plus aujourd’hui, aux relations d’affaires.

hindouiste: mosaïque des castes

Classification des castes selon les critères religieux:·

Les critères théoriques de différentiation et de hiérarchisation des castes de base (Varna) :

  • Critère de l’eau :
    • Pur
    • Impur
  • ·Critère du toucher : intouchables / non intouchables
  • ·Deux fois nés (initiés : naissance physique et naissance spirituelle à l’adolescence, porteur du cordon de coton)
  • ·Agissant dans le domaine temporel ou spirituel

Les Purs se répartissent en quatre classes (Varna ou couleur) :

  • ·Purs – deux fois nés – maitre des créatures – domaine spirituel : LES BRAHMANES
  • ·Purs – deux fois nés – maitre des créatures – domaine temporel : LES KSHATRYA
  • ·Purs – deux fois nés – tâches spécialisées – LES VAISHYA
  • ·Purs – NON deux fois nés – LES SHUDRA (des castes de serviteurs, et artisans) et les tribus

En marge des classes de castes, une catégorie particulière est dévolue aux « renonçants ». Souvent appelés Sadu, ils peuvent être issue de n’importe quelle classe ou caste, et ont choisi de renoncer à tous leurs biens et droits au terme de leur vie sociale, lorsque leur descendance est assurée.

Les non classés « purs » (hors castes) font partie de l’ensemble des laissés pour contre (Dalits).  Ils sont répartis en un grand nombre de catégories le plus souvent liées à leurs métiers ou activités. C’est le système des jâti (naissance) qui peut varier selon les régions. Il préexistait sans doute au système des «varnas» qui est le seul reconnus des Brahmanes et décris dans les textes anciens. Une ségrégation peut être faite par les purs  entre les touchables et les intouchables

  • ·Impurs – touchables – Des castes de corporations et les races ou adeptes de religions non Hindoue
  • ·Impurs – intouchables – les sans castes

BRAHMANE

Spirituel

Maître des créatures

Deux fois nés

Purs

KSHATRYA

temporel

VAISHYA

 

Spécialisés

SHUDRA

 

Non deux fois nés

touchables

 

Impurs

intouchables

 

 

Définitions: 

  • ·La famille, le clan (issue d’un même ancêtre), la tribu (ensemble de clans) sont des structures  humaines  définissant des parentés et des groupes sociaux
  • ·Les castes : strate sociale, composée de tribus. Ce terme occidental couvre à la fois les classes des purs (varnas) défini par l’hindouisme et les espèces (Jati) qui classent, entre autre, les impurs en corporations.
  • ·Exogamie : mariage en dehors de l’unité sociale d’appartenance
  • ·Endogamie : mariage exclusivement à l’intérieur d’un  groupe social large (caste ou tribu)
  • ·Hypergamie : dérogation d’un mariage d’un homme avec une femme d’une caste inférieure.

 

Rubrique(s) : Civilisations Hindoue ,

en savoir plus sur ...

Minorités (définition)

Une minorité se définie dans un contexte,  non de manière absolue. Elle peut être analysée par rapport à de la population d’une nation, d’une zone géographique, du point de vue des religions, des langues, de la culture ou de la race, de la couleur de peau, des liens de parenté…

L’appréciation en est variable selon le lieu et l’époque.

La supériorité du nombre est vue comme une hiérarchie, une supériorité de la majorité. Dans l’histoire il est peu d’exemple de minorités qui n’aient pas été marginalisées, persécutés, assimilés de force, voire physiquement éliminées.

La minorité ne l’est cependant pas toujours en nombre. Le colonisateur considéra souvent les indigènes comme des races inférieures.

La constitution des états nation moderne à souvent contribué à les révéler et à en aggraver le sort par rapport à la relative tolérance observée autrefois par les Empires. (Comme l’était les Ottomans ou les Austro-Hongrois par exemple)

La définition des  minorités dépend des stratégies de la minorité elle-même, soit par son rôle géopolitique, économique, culturel. (Les juifs, les Arméniens,Touareg…)

Une minorité est aussi une catégorie sociale définie par discrimination : les homosexuels, les femmes, les gens du voyage.

Ethnologie

  L'ethnologie (ou anthropologie sociale et culturelle) est une science humaine qui relève de l'anthropologie, et dont l'objet est l'étude explicative et comparative de l'ensemble des caractères sociaux et culturels des groupes humains « les plus manifestes comme les moins avouées »

 

Fondements et objectifs de l’ethnologie

L'ethnologie s'inscrit dans le vaste paysage des sciences humaines. Elle s’appuie sur des études ethnographiques que réalisent les anthropologues.

Cette science récente, moins de deux cents ans, a son origine dans les découvertes des peuples consécutives à l'expansion coloniale des pays occidentaux. Il en est sorti une connotation impérialiste de ségrégation des populations entre civilisée et primitives. Schématiquement, les activités de la sociologie au sens large se répartissent entre l’Ethnographie qui concerne les ethnies primitives et la sociologie qui concerne les peuples « dits » civilisés

À la fin du XXe siècle, cette approche dévalorisante a évolué vers une décomposition où l’Ethnographie (ou anthropologie sociale) concerne une analyse qualitative de l'observation des peuples sur le terrain et la Sociologie concerne l'analyse quantitative basée sur une étude statistique et globale des populations

Les principaux aspects sociaux étudiés au cours des recherches ethnographiques concernent les relations de parenté, le rôle des ancêtres, la connaissance des langues et de la linguistique associée, et l’identification des groupes ethniques.