Principaux courants du Sunnisme
Le sunnisme n’est pas un bloc uniforme : il réunit plusieurs traditions juridiques, théologiques et spirituelles, dont les différences portent surtout sur l’interprétation des textes, les méthodes juridiques et les pratiques religieuses, tout en partageant un socle commun de croyances.
Le sunnisme est le courant majoritaire de l’islam. Il se fonde sur le Coran, la Sunna — c’est-à-dire l’exemple du prophète Muhammad — et le consensus de la communauté des croyants. Contrairement au chiisme, il ne reconnaît pas une lignée d’imams dotés d’une autorité religieuse particulière, mais accorde une place centrale aux savants, aux juristes et aux écoles d’interprétation.
Le sunnisme se structure principalement autour de quatre grandes écoles juridiques.
- Le hanafisme, historiquement lié à l’Empire abbasside puis ottoman, est aujourd’hui répandu en Turquie, dans les Balkans, en Asie centrale, en Inde et au Pakistan.
- Le malékisme, attaché à la tradition de Médine, domine surtout en Afrique du Nord, en Afrique de l’Ouest et dans une partie du Sahara.
- Le chaféisme est présent notamment en Égypte orientale, au Yémen, en Afrique de l’Est, en Indonésie, en Malaisie et dans certaines régions du sous-continent indien.
- Le hanbalisme, plus rigoriste dans sa méthode, est surtout associé à la péninsule Arabique et a influencé des courants réformistes modernes.
À côté de ces écoles juridiques, le sunnisme comprend aussi des courants théologiques, notamment l’acharisme et le maturidisme, qui ont cherché à concilier foi, raison et tradition. Le hanbalisme théologique, plus littéraliste, insiste davantage sur l’attachement direct aux textes religieux.
Enfin, le sunnisme a connu des formes spirituelles et réformatrices variées :
- Le soufisme sunnite, organisé autour de confréries, a joué un rôle important dans la diffusion de l’islam en Afrique, en Asie centrale et en Asie du Sud-Est.
- le salafisme, à l’inverse, insistent sur le retour aux sources premières de l’islam et critiquent certaines pratiques populaires ou confrériques

